Implantée à Agrinove, une pépinière d’entreprises à Nérac, Lot-et-Garonne, la distillerie Du Grand Nez vient d’accoucher de ses deux premiers dry gin biologiques concoctés avec des produits locaux.

Du gin bio au pays de l’armagnac. Le rêve éveillé d’Anne-Hélène Vialaneix et Eric Lugas est devenu un spiritueux parfumé. Native de Toulouse, enracinée à Calignac, elle est ingénieur agronome de formation, œnologue, inspirée et inspirante. Astaffortais d’adoption, fin gourmet, commercial dans l’âme, il est dirigeant d’entreprise l’agroalimentaire. De leur rencontre professionnelle est née la distillerie du Grand Nez. En octobre 2019, elle s’est implantée à Agrinove, la pépinière d’entreprises de Nérac.
Au-delà de son rôle dans la retro-olfaction, pourquoi Du Grand Nez ? « C’est un autre surnom d’Henri IV, personnage emblématique de Nérac, répond Anne-Hélène. C’est aussi un trait de ma famille dont je n’ai, il est vrai, pas hérité ». Du nez, elle en a eu pourtant un sacré pour concocter deux recettes de dry gin bio prêtes à déguster depuis une semaine.
37,5° et des baies de genévrier dans une concentration non fixée, voilà la base classique du gin. Après, c’est la magie d’Anne-Hélène Vialaneix qui peut jouer avec les épices comme la coriandre et les aromates. Mystérieuse, elle dévoile quelques secrets. « Le premier est sur le kiwi, pas du tout au niveau aromatique mais j’ai utilisé sa sucrosité.  Agrume, verveine citronnée, sa saveur très fraîche ». Dans le second, comme dirait l’ami des Tontons flingueurs, y’a de la pomme. « Mais aussi de la poire, sourit-elle, et du gingembre. Ce sont des notes plus chaudes ». Les kiwis, pommes, poires viennent de producteurs locaux.

« Un peu comme le thé »

Elle précise : « Dry gin signifie qu’il n’y a aucun sucre ajouté. Et, post-distillation aucun additif, aucun conservateur ». Opération complexe. Le deuxième – celui où y’a de la pomme – est plus intense que le premier dont l’esprit léger vous transporte. Il peut par exemple se marier avec de la ginger beer.
« Notre volonté, poursuit l’œnologue, a été d’œuvrer avec une
distillation à très basse température pour que ce soit plus fin. Un peu comme un thé. » Elle tient par contre à cacher le lieu où se trouve l’alambic (c’est dans le Gers) ainsi que celui où sont stockées les 4 000 bouteilles.
La fabrication est pour l’instant stoppée. Explications : « Il y a une volonté technique. L’alambic est refroidi avec l’eau de ville. À cette époque, même s’il n’y a pas eu de forte chaleur, elle n’est pas suffisamment froide. Ensuite, sur les deux premières recettes, nous sommes hors saison pour les produits locaux. Nous travaillons avec des fruits à maturité, pas mûris à l’éthylène par la suite ».
« C’est une gestation de six mois, la naissance d’un bébé, l’aboutissement de recherches, de tests, de faire et défaire mais c’est le produit qu’il faut ». Éric Lugas est aux anges. La commercialisation de l’Attribut n°1 du Grand Nez et le n°2 a commencé dans des cavistes et épiceries fines partenaires. Elles se trouvent à Nérac, Fources ou Toulouse. « Avec le confinement, il y a du retard, forcément, reconnaît Eric mais il y a désormais une opportunité puisque notre produit est local et bio. Le marché est là ». D’autres recettes sont à l’étude mais le secret, comme les autres, est bien gardé. « Ne pas se précipiter et surtout faire bien les choses », murmure Anne-Hélène.

Source : La Dépêche

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